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Le président et moi

21 janvier 2010

Samedi dernier, nuit tombante, petite pluie fine, je patiente dans un embouteillage rue de Rivoli. Enfin, jusqu’à un certain point seulement, puisqu’après avoir parcouru une vingtaine de mètres en une vingtaine de minutes, l’envie me prend de bifurquer vers les quais pour en finir avec la cohue. C’est à cet instant, en l’espace d’une poignée de secondes et sans même que Facebook m’y ait invitée, que j’ai rejoint le groupe des Infortunés-assurés-au-tiers-qui-ont-brutalement-percuté-la-borne-de-béton-de-l’hôtel-de-ville-de-Paris.

Les jours qui suivirent furent assez crispants. Avec l’obligation de réserve qu’imposait la tragédie haïtienne en cours, je dus m’interdire de geindre sur mon sort et supporter les propos bienveillants de mes proches s’efforçant de me consoler par les rituels : « tu vois, la vie est vraiment bien faite, les dégâts ne sont que matériels », « ça n’est que de la tôle » ou l’exaspérant « en fait, tu as eu beaucoup de chance ». Attendant patiemment le rendez-vous pris chez mon garagiste pour le mercredi 20 janvier, je me suis dit qu’il était « amusant » que cette visite fort peu agréable ait lieu précisément ce jour-là.

Le 20 janvier est en effet le jour de mon anniversaire. Une chose que nous avons en commun, le président des Etats-Unis et moi, puisque cette date est également le jour anniversaire de son investiture. Ce jour-là, je lorgne régulièrement de l’autre côté de l’Atlantique, pour vérifier que tout se passe bien pour le président, que l’ambiance est bonne et que le sens de la fête des Américains ne se dément pas, année après année. Et je suis rarement déçue : 20 janvier 91, George Bush boucle l’opération Tempête du désert ; 20 janvier 99, les sénateurs entendent Bill Clinton dans l’affaire Lewinsky. L’année passée, deux millions de personnes se rassemblent sur le National Mall à Washington, face au Capitole, pour écouter le nouveau président prêter serment lors de la traditionnelle cérémonie d’investiture. Des instants pleins d’émotion…

Émouvant aussi, le moment où mon garagiste m’a transmis son devis de 3.000 euros. Un seul point positif au sujet de cet épisode scabreux : il m’aura presque fait oublier que j’ai vieilli d’une année. Dans la presse, j’ai pu lire ici et là que la journée de Barack Obama avait été complètement gâchée par l’élection de Scott Brown, un Républicain, à la sénatoriale partielle du Massachussetts…Comment disent les Américains déjà ? Shit happens… ?

Have a happy one, Mr President et à l’année prochaine.

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3 commentaires

  1. J’ai entendu dire, qu’apres un certain temps, les anniversaires ne se fetent plus, mais s’evitent. Sans que cela puisse vraiment te consoler mais pour plus de precision, la borne que s’est prise president Obama, par contre, etait sur l’aile droite…


  2. Bon anniversaire Carine et ton sort sera encore meilleur que celui d’Obama.
    PS: si ta voiture est abimée coté gauche, tu peux attendre le prochain refus de priorité ( mais pas sur la place de l’étoile).
    bises


    • Merci pour ce conseil avisé, Bertrand! Je devine dans tes propos un certain vécu en matière de tôle froissée…Ou bien est-ce à force de fréquenter les grands patrons des compagnies d’assurances…Je pense néanmoins confier mon auto au garagiste qui, bien qu’il me fasse terriblement penser à Sir Lawrence Olivier en « dentiste » de Dustin Hoffman dans Marathon Man, en prendra certainement le plus grand soin…



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