Archive for the ‘Humeur’ Category

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September trash

30 septembre 2010

Le mois de septembre se termine aujourd’hui ? Tant mieux. Passons vite à octobre et oublions le retour au boulot, la rentrée des classes et les premières pluies d’automne… En quête d’un prétexte qui me permettrait de reprendre subrepticement ma plume de blogueuse, j’ai tourné et retourné les pages d’actualité de cette rentrée; j’ai eu beau chercher, je n’ai trouvé que matière à déprimer. J’allais me résoudre à attendre l’avènement d’une conjonction astrale, économique ou sociale plus favorable et voilà que… Chabrol nous quitte. Alors, m’inspirant de sa devise :« le mort ne doit pas grignoter le vivant », j’ai finalement décidé de partager la petite pêche du mois, si maigre fusse-t-elle, et d’évoquer les quelques highlights qui auront tout de même retenu mon attention en cette morne rentrée de septembre.

Il s’agit pour l’essentiel de deux événements artistiques, deux expositions de photos. La première s’intitule Cold. Elle explore les thèmes de la solitude et de l’enfermement. Son auteur, Pénélope Octavio, a photographié des corps nus enfermés dans un réfrigérateur, un voyage étrange et dérangeant qui, comme vous pourrez en juger en visionnant cette vidéo, confère aux plus sombres passages des œuvres de Cioran les accents d’un récit des aventures du petit Nicolas.

La seconde, baptisée Global trash, a pour thème les poubelles de la planète. Les photographes Pascal Rostain et Bruno Mouron ont eu l’idée de prélever le contenu de poubelles des habitants de certains pays du monde, riches et pauvres ; ils en ont fait un étalage pictural très coloré, laissant aux observateurs le soin de tirer des conclusions plus ou moins intéressantes sur les habitudes de consommation des uns et des autres.

Ici, je ferais observer qu’il n’est parfois pas nécessaire de s’attaquer aux poubelles de certains de nos contemporains pour juger de leur état d’esprit.  eFinancialCareers.fr, un site internet réputé sérieux, canal de news et d’offres d’emplois dans le domaine de la finance, publie dans sa rubrique Opinion un article qui, même s’il avait été correctement traduit, est affligeant de nullité. Son auteur, un ancien banquier d’affaire, traite du sujet très préoccupant des risques que l’on court à recruter une stagiaire féminine dans un service financier. Outre l’exotisme que représente en 2010, l’initiative de publier un tel ramassis de bêtises, on reste stupéfait de la teneur des commentaires des lecteurs qui semblent pour une grande part, indiquer un certain assentiment, parfois même une franche adhésion aux propos pathétiques de l’auteur.

Nous n’étions que le 16 septembre… J’ai repensé à Chabrol et aux frigos de Pénélope.

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Origamis

9 mai 2010

Lors d’un précédent billet, j’avais déploré l’absence de lyrisme du nuage informatique, celui dont s’était entichée la presse du moment et qui menaçait  sérieusement de ravir la vedette au nuage de Polonius ou à ceux que contemplaient les angelots de Raphaël… C’était sans compter avec l’irruption d’un concurrent de taille : je veux parler du fameux nuage de cendres venu d’Islande.

Que ce nuage me plait !… Je le trouve d’une insolence ravigotante. Pendant
quelques jours, il a nargué la terre entière, nous faisant reconsidérer notre position sur la nécessité inéluctable du court terme en toute chose. La presse s’est emparée du phénomène en y consacrant de longues envolées philosophiques. On a reparlé d’éthique de production, de slow food, de qualité de fabrication, de circuits plus longs… Une pause bienvenue dans notre course contre la montre. Nous avons soudainement et unanimement pris conscience de notre taille si dérisoire dans le vaste univers et nous nous sommes amusés de l’ironie de la situation. Punis (délestés de quelques centaines de millions d’euros), nous nous sommes dit que nous venions de prendre une sacrée bonne leçon et… nous sommes repartis, bille en tête, rattrapant le temps perdu et reprenant notre place dans la course. Disparu le nuage, balayées ses cendres menaçantes, tout ce petit monde faisait désormais route vers l’Arctique, enfin on ne sait où exactement, mais en tout cas suffisamment loin pour se faire oublier définitivement.

Et puis soudain, le voici à nouveau, en pleine forme ! Il revient nous provoquer une fois encore entraînant sur sa trajectoire la cohorte de déboires que nous venions de subir avec tant d’abnégation et de sagesse. Nos avions sont à nouveau cloués au sol, origamis dépités attendant le souffle de brise salvateur. La presse évoque  bien sûr le sujet mais de manière plus expéditive cette fois, se contentant d’égrainer la liste des fermetures et réouvertures de nos aéroports et faisant d’hypothétiques calculs sur la direction des vents, sans trop s’émouvoir. En fait, j’exagère un peu car j’ai bien cru déceler un zeste d’anxiété dans les propos d’un journaliste qui redoutait une possible paralysie des vols sur la Côte d’Azur à l’approche du Festival de Cannes où de nombreuses personnalités du monde entier sont attendues.

Qu’il se rassure. D’ici à mercredi, ses congénères auront sûrement élaboré la solution, du type épuisette de confinement géante, qui permettra de bloquer une fois pour toutes la progression de l’effronté nuage…

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Le président et moi

21 janvier 2010

Samedi dernier, nuit tombante, petite pluie fine, je patiente dans un embouteillage rue de Rivoli. Enfin, jusqu’à un certain point seulement, puisqu’après avoir parcouru une vingtaine de mètres en une vingtaine de minutes, l’envie me prend de bifurquer vers les quais pour en finir avec la cohue. C’est à cet instant, en l’espace d’une poignée de secondes et sans même que Facebook m’y ait invitée, que j’ai rejoint le groupe des Infortunés-assurés-au-tiers-qui-ont-brutalement-percuté-la-borne-de-béton-de-l’hôtel-de-ville-de-Paris.

Les jours qui suivirent furent assez crispants. Avec l’obligation de réserve qu’imposait la tragédie haïtienne en cours, je dus m’interdire de geindre sur mon sort et supporter les propos bienveillants de mes proches s’efforçant de me consoler par les rituels : « tu vois, la vie est vraiment bien faite, les dégâts ne sont que matériels », « ça n’est que de la tôle » ou l’exaspérant « en fait, tu as eu beaucoup de chance ». Attendant patiemment le rendez-vous pris chez mon garagiste pour le mercredi 20 janvier, je me suis dit qu’il était « amusant » que cette visite fort peu agréable ait lieu précisément ce jour-là.

Le 20 janvier est en effet le jour de mon anniversaire. Une chose que nous avons en commun, le président des Etats-Unis et moi, puisque cette date est également le jour anniversaire de son investiture. Ce jour-là, je lorgne régulièrement de l’autre côté de l’Atlantique, pour vérifier que tout se passe bien pour le président, que l’ambiance est bonne et que le sens de la fête des Américains ne se dément pas, année après année. Et je suis rarement déçue : 20 janvier 91, George Bush boucle l’opération Tempête du désert ; 20 janvier 99, les sénateurs entendent Bill Clinton dans l’affaire Lewinsky. L’année passée, deux millions de personnes se rassemblent sur le National Mall à Washington, face au Capitole, pour écouter le nouveau président prêter serment lors de la traditionnelle cérémonie d’investiture. Des instants pleins d’émotion…

Émouvant aussi, le moment où mon garagiste m’a transmis son devis de 3.000 euros. Un seul point positif au sujet de cet épisode scabreux : il m’aura presque fait oublier que j’ai vieilli d’une année. Dans la presse, j’ai pu lire ici et là que la journée de Barack Obama avait été complètement gâchée par l’élection de Scott Brown, un Républicain, à la sénatoriale partielle du Massachussetts…Comment disent les Américains déjà ? Shit happens… ?

Have a happy one, Mr President et à l’année prochaine.

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Thriller

9 décembre 2009

« Recherche Cost killer H/F, Poste basé à Paris, Contrat : CDI  Descriptif du poste : Vous devrez proposer, mettre en œuvre et suivre un programme de réduction des charges (…) vous réaliserez un audit des centres de coûts du groupe, analyserez leur performance, proposerez des plans ou actions correctrices (…) Vous devrez améliorer les différents process de fonctionnement du siège afin d’optimiser les coûts. Doté d’une autonomie forte, ce poste requiert des capacités de négociation et de conviction (…) »

C’est la troisième fois en quelques mois que je tombe en arrêt sur cette offre.

Alors que dans ma tête s’enchaînent pêle-mêle les visions d’Harvey Keitel réajustant son noeud pap dans Pulp fiction, des personnages embusqués dans la forêt des Chasses du comte Zaroff, de Dark Vador ou encore du chignon serré d’Anthony Perkins dans son rocking chair, je réfléchis…Je me demande si le libellé « Cost killer » – en bon français, tueur de coûts – va vraiment figurer sur la carte de visite de l’heureux élu ; j’imagine encore le moment délicat où la progéniture du tueur indiquera la profession des parents sur la fiche d’identité remise à l’instituteur…

On l’aura compris, je me suis sentie interpellée par cette nouveauté taxinomique qui en dit long sur l’orientation que prennent certains métiers dans notre société. Il me semble qu’en d’autres temps, pas si anciens, le job décrit plus haut était  tout simplement l’une des missions classiques du contrôleur de gestion. Soucieux d’être efficace et d’apporter sa contribution à la performance de l’entreprise, on lui demandait de mettre en œuvre ses qualités de curiosité, de méthode, de rigueur, ses compétences d’analyse et ses idées pour apporter des solutions innovantes aux problèmes qu’il avait identifiés.

Il n’est pas non plus absurde que  ce «métier» de  tueur puisse trouver sa place dans un paysage où les grandes entreprises ne font plus uniquement parler d’elles dans les rubriques  de nos journaux dédiées à l’activité économique, aux nouvelles technologies ou encore aux offres d’emploi, mais où celles-ci font dorénavant également la une de la presse pour des faits divers tragiques et inédits.

C’est ainsi que vont les choses; nous vivons dans un monde de brutes – cela nous le savions déjà – dans lequel, par dessus le marché, il nous faut désormais nous affubler de noms de guerre.

Mauvais scénario, piètres acteurs, mise en scène improbable, je me demande comment se finit ce film…

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Temps de chien

19 novembre 2009

J’habite une résidence peuplée d’amis des chiens ; sur quatre étages, on dénombre en moyenne quatre chiens par palier.

C’est assez connu, les chiens en général s’expriment en aboyant. A l’étage où je me trouve, les aboiements se déclenchent au premier quart de tour de clé dans le canon de la serrure de ma porte, une sorte de bronca quotidienne qui devient pesante voire oppressante. Je suis donc devenue résolument opposée à l’élevage du chien en appartement et en ville.

Toujours à l’affût de solutions innovantes en matière de relance économique, j’ai été récemment interpellée par la lecture dans Le Point.fr de ce billet de Jacques Marseille (pardon, encore lui…) évoquant l’idée d’une taxe sur les chiens. Bien qu’en matière de relance, toute idée soit bonne à prendre, je crains qu’il ne faille malheureusement renoncer à cette éventuelle manne pour le redressement économique de notre pays. En effet, de récentes statistiques issues d’une enquête Facco-TNS Sofres 2008 publiée sur Facco.fr indiquent une baisse persistante du nombre de chiens en France, 7,8 millions en 2008 dont, qui plus est, seulement 60% sont des chiens citadins…

Non. Pour tenter de relancer la consommation française, il faut peut-être plutôt encourager des initiatives telles que celle de cette jeune styliste lyonnaise qui, après avoir séjourné aux Etats-Unis, se lance dans le business du prêt à porter pour chien (dépêche AFP du 11/11/09 reprise par FashionMag.fr).

A première vue, le pari peut sembler risqué car on croit savoir que les Français et les Américains ne partagent pas les mêmes habitudes de consommation ; cependant, à y regarder de plus près, un certain nombre d’indices me conduisent à penser que Céline Boulud a toutes ses chances d’apporter sa modeste contribution à la relance du secteur textile français.

En effet, quelques investigations sur le sujet m’ont permis de découvrir que nous pratiquions chez nous l’astrologie canine (oui, je l’avoue, je suis même allée consulter le profil du chien verseau pour m’assurer qu’il était tout de même un peu différent du mien…) ; j’ai fait connaissance avec une discipline nouvelle baptisée doggy dancing et découvert qu’il existait un annuaire plutôt bien fourni de praticiens comportementalistes spécialisés dans les relations de l’homme et du chien; et tant d’autres choses encore…

Ces découvertes me paraissent indiquer que le projet de Céline Boulud porte en lui les promesses d’un business florissant, c’est là tout le mal qu’on lui souhaite. Elles pourront peut-être conduire certains parmi nous à flairer de nouvelles pistes au cours de leur recherche d’emploi, qui sait?

Quant à me faire envisager mes rapports de voisinage sous un autre angle…

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Jacques Marseille, un regard optimiste

15 octobre 2009

Il est permis d’avoir un regard optimiste sur l’issue de la tourmente. Jacques Marseille nous livre dans Le Point.fr son analyse des atouts de la France pour surmonter la crise et laisse filtrer un brin d’espoir entre ses lignes. Un éclairage stimulant et réaliste qui contraste avec l’invariable pessimisme qui plombe notre quoditien…

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