Posts Tagged ‘Holden Caulfield’

h1

J.D. Salinger, l’attrape-coeurs

30 janvier 2010

Assez incroyable, cette photo de Jerome David Salinger levant un poing rageur prêt à s’abattre sur le photographe qui le traquait ce jour-là. Quelle ironie du sort pour le vieil homme, que soit placardée dans tant de quotidiens de la presse internationale au soir de sa disparition, l’image qu’il refusait précisément qu’on lui volât. Et paradoxalement, quelle meilleure façon de tirer sa révérence que de lancer à travers ce cliché un ultime foutez-moi la paix!, retentissante dernière volonté de l’écrivain à l’attention d’un monde dont il s’est tenu éloigné pendant plus de 40 ans.

Tant de rumeurs ont circulé sur le comportement étrange et mystérieux de l’homme, tant de théories ont été échafaudées sur son acharnement à disparaître de la scène publique si peu de temps après avoir publié son chef-d’œuvre L’attrape-cœurs. On ne saura jamais vraiment pourquoi Salinger s’est à ce point évertué à se faire oublier et, quelle importance..? Son livre a marqué la jeunesse de nombre d’entre nous, toutes cultures et tous pays confondus. Tout a été dit et écrit sur la manière magistrale dont l’écrivain a su toucher le cœur des adolescents et raconter avec leurs mots, leurs meurtrissures, leur mal-être et leur désenchantement devant le monde artificiel et indifférent des adultes. Je trouve que l’hommage récent d’Alexandre Prouvèze résume assez justement le personnage et son oeuvre.

C’est certes un peu banal mais j’avais juste envie de dire que la lecture de L’attrape-coeurs avait marqué mon adolescence et que la disparition de son auteur me touchait. A quinze ans, la découverte émouvante de l’écriture de Salinger et de son univers m’a guidée vers d’autres écrivains, poètes, peintres et musiciens qui ont façonné mes goûts, ma sensibilité, une certaine part de moi.

Holden Caulfield terminait le récit de son escapade new-yorkaise par ces quelques mots pudiques et maladroits : “C’est tout ce que je voulais vous raconter (…) Tout ce que je sais c’est que tous ceux dont j’ai parlé me manquent pour ainsi dire (…) C’est drôle. Ne racontez jamais rien à personne. Si vous le faites, tout le monde se met à manquer.”

Rien de plus vrai.

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :