Posts Tagged ‘Isabelle de Borchgrave’

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Laissez parler les p’tits papiers…

15 mai 2010

Les avancées techniques en matière d’innovation textile sont fascinantes. Dans ce domaine, comme dans tout processus de recherche, les étapes qui jalonnent le parcours donnent lieu à l’apparition de concepts insolites, gadgets d’un jour ou prémices d’une révolution technologique. Tous les ans, chaque manifestation professionnelle du secteur apporte son lot de trouvailles et à cet égard, le dernier salon de la lingerie n’était pas en reste. Ses visiteurs ont pu y découvrir un soutien-gorge anti-rides pour soigner son décolleté ou un autre dont les bonnets faits de « mousse réactive » ont un effet de « push up » suivant une technologie mise au point par la NASA. On a pu y voir aussi des culottes aux protéines de lait, faites de maille tricotée contenant des acides aminés aux vertus hydratantes… Les nouvelles générations de textiles rivalisent d’originalité et les créateurs ne se privent pas de puiser dans leur imagination pour se mettre au diapason de cette inventivité et concevoir de véritables prouesses techniques parmi lesquelles on peut citer : la robe aux plis « hypersensibles » aux sons et aux mouvements, le manteau qui protège de la pollution, la jupe dont le tissu diffuse de la musique ou encore la veste « anti-magnétique » censée contrer les ondes nuisibles. Les tissus deviennent réactifs, intelligents, communicants et leurs fibres incrustées de micro-capteurs ultra-sensoriels se transforment en véritables organismes vivants. Terrifiant !

Les dédales de la création… On dit que pour Platon l’acte de création était le fruit d’un contact avec les dieux et qu’Aristote, lui,  pensait qu’il n’était que l’aboutissement du labeur et de l’expérience. Le travail d’Isabelle de Borchgrave réunit les deux dimensions, il me semble. Dans son atelier, elle se consacre à la création de vêtements qu’elle élabore à partir d’un support des plus rudimentaires, un matériau qui existe depuis l’Antiquité. Pour faire technique, on dira qu’il est fabriqué à partir de fibres cellulosiques végétales et animales et qu’il est couramment utilisé dans les domaines de l’écriture, du dessin, de l’impression, de l’emballage et de la peinture, domaines auxquels j’ajouterais celui de l’illusion vestimentaire ! Car c’est bien à partir de simples feuilles de papier transformées, froissées, pliées, roulées, chiffonnées, découpées et peintes, qu’est née des mains de cette artiste belge, une impressionnante collection inspirée des plus belles pièces de costumes de la Renaissance à nos jours.

SouliersBleu

Ni micro-capteurs sensoriels, ni acides aminés, juste du papier…

En attendant que son exposition Rêves de papier soit à nouveau visible en France, on patientera en allant faire un tour au Musée du Cinquantenaire de Bruxelles qui présente une autre évocation I Medici ou plus simplement en visitant le site d’Isabelle de Borchgrave pour y découvrir toutes les facettes de son talent.

…puissent-ils un soir, papier buvard, vous consoler.

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