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Tutto Fellini

17 décembre 2009

Toujours à l’affût de ce qui peut se passer dans le secteur du textile et de la mode, j’ai été séduite et amusée lors de ma dernière revue de presse par cet article de l’AFP qui nous informe qu’une association caritative écossaise organiserait prochainement une distribution de contrefaçons de vêtements de marque au profit des SDF de la région. Des fashionistas d’un nouveau genre qui passeront l’hiver 2009, dans le froid glacial certes, mais lookés Burberry, Ralph Lauren, Hugo Boss ou Prada. En outre, petite précision donnée par l’auteur de l’article, l’association distribuerait également 80.000 boîtes de poulet sauce tikka massala, boîtes qui auraient dû normalement être détruites à cause d’une erreur sur l’étiquette…

Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais ce genre de vision me fait immédiatement penser à Fellini. Peut-être est-ce parce que j’ai eu le bonheur de visiter tout récemment la magnifique exposition qui lui est consacrée au musée du Jeu de Paume, j’ai le sentiment que le maître n’aurait sans doute pas renié cette drôle de parade indo-écossaise tout comme tant d’images et de personnages de notre réalité quotidienne qui paraissent si proches de son univers et de ses fantasmes : Silvio Berlusconi tenant dans ses bras un crucifix géant en guise de protestation contre la mise en demeure du Parlement européen de faire disparaître les symboles religieux des salles de classe en Italie ; Lady Gaga, nouvelle étoile – filante, on l’espère – de la scène musicale mondiale, l’insolite Susan Boyle ou tant d’autres encore qui paraissent tout droit sortis de la fabrique à images du maestro.

« Il nous manque… » a soupiré quelqu’un près de moi en poussant la porte du Jeu de Paume. C’est vrai, c’est ce que l’on ressent après avoir passé quelques heures à explorer l’univers de Fellini dans un foisonnement savamment orchestré de documents, de souvenirs et de photos. Sur l’un des murs de l’exposition, on peut voir une série de « tronches » sur des photos d’identité accompagnant des candidatures spontanées régulièrement adressées au cinéaste; un véritable défilé de « grotesques », de phénomènes de foire ou de gens simplement étranges qui tentaient leur chance, persuadés qu’ils feraient bonne figure dans l’un de ses prochains films.

Fellini avait l’art de rendre ses « monstres » émouvants, poétiques, drôles et,  finalement, beaux. Une grâce dont certains de leurs contemporains croisés dans ce billet sont singulièrement dépourvus mais qui pourrait bien toucher quelques uns de leurs congénères enveloppés dans des cartons, quelque part dans le comté du Renfrewshire, à l’Ouest de l’Ecosse.

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